Atelier pratique

Hypnose, thérapie familiale et Cinéma

Anne Habib Almosnino

Résumé de l'atelier

1. Le film Hypnose et thérapie familiale

Ce film est un assemblage d’extraits de film portant sur l’hypnose. Il a été réalisé par Julien Nahmias, psychiatre et cinéphile, et moi-même pour un Colloque de la SFTF en 2016. L’idée était d’apporter quelques clés de compréhension sur l’approche thérapeutique en thérapie familiale et comment l’hypnose pouvait s’avérer un outil qui allait favoriser les processus de changement.
Dès son apparition, le cinéma, spectacle visuel et flux d’interactions, a recueilli un ensemble de savoirs, de pratiques et de représentations relatifs à l’hypnose.
Le cinéma étant un art total, il inclut le langage, le son, l’image, le mouvement, et il exacerbe l’interactivité (projection, identification, transfert). Le cinéma fait émerger chez le spectateur un état de conscience modifié.
Le spectateur peut être envisagé comme faisant partie intégrante d’un dispositif relationnel intersubjectif, l’écran prenant la place de l’agent hypnotiseur.
Le patient devient le réalisateur… le thérapeute est chef opérateur, cadreur, technicien.


2. L’hypnose et la thérapie familiale


L’hypnose en thérapie familiale systémique facilite considérablement la communication intrafamiliale.
L’intérêt d’articuler l’hypnose et la thérapie familiale systémique révèle un processus « amplificateur puissant » dans l’art de communiquer avec la famille, de faciliter un meilleur processus attentionnel entre les membres, et d’activer un processus thérapeutique de changement.
Si à la fin du XIXème siècle, sous l’influence de Bernheim, l’hypnose est assimilée à la suggestion (vision erronée confondant hypnose et suggestion) l’apport de Milton Erickson et bien d’autres après lui, vont totalement modifier la perspective des approches cliniques.
Erickson, en développant une thérapie « sur mesure » dans laquelle le sujet va co-créer une nouvelle manière d’être et ainsi révéler notre identité relationnelle.


3. En conclusion, nous espérons réinterroger la question de la suggestibilité


Tout ceci soulève une série de débats sur la nature profonde du psychisme, dont la recherche tente de cerner le degré d’autonomie et de passivité.
Le cinéma a été stigmatisé comme agent de manipulation en le référant à la pratique de l’hypnose. A l’époque de l’hypnotisme et de l’hystérie il aurait été responsable d’une épidémie de névropathes. Le pouvoir de suggestion serait pathogène à certains égards, le cas de l’addiction aux séries est un exemple connu.

Présentation de l'intervenante

Anne HABIB ALMOSNINO est Psychologue-Psychothérapeute, thérapeute conjugale et familiale, et hypnothérapeute. Elle est membre titulaire de la SFTF et formatrice à l’IFH. Elle a exercé le métier d’ergothérapeute en psychiatrie adulte auprès de patients psychotiques et schizophrènes. En travaillant au Centre de Psychotraumatologie avec Karen Sadlier dans le service du Docteur Lopez, elle a découvert la victimologie de l’enfant et l’adolescent. Formée à la thérapie familiale puis à l’hypnothérapie, elle a travaillé en unité de thérapie familiale et auprès de familles confrontées aux addictions. Elle a également une expérience d’animation de groupe multifamiliaux et de coordinatrice de thérapie familiale (Elan Retrouvé). Aujourd’hui elle pratique uniquement en cabinet libéral et poursuit son activité de formatrice en hypnose thérapeutique commencée il y a plusieurs années. 

Objectifs pédagogiques

Bibliographie

  • SALEM G., Hypnose et thérapie familiale – 9e édition, In SALEM G. & BOVIN E. (Ed.) / Soigner par l’hypnose. Elsevier-Masson, Issy-les –Moulineaux, 2012, p216-228.
  • Gérard Salem, Katharina Auberjonois, Hypnothérapie en famille in Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, Hypnose, EMDR et thérapie familiale,2015/2 (N°55), Ed. De Boeck Supérieur.
  • BELLOUR R., Le Corps du cinéma : hypnose, émotions, animalités, Paris POL, 2009, 637 p.

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