Atelier pratique

De la plainte douloureuse à la créativité thérapeutique

Christine Cazard Filiette

Résumé de l'atelier

La douleur est non seulement un enjeu sociétal du 21ème siècle mais un défi majeur pour notre système de santé.
Quelques chiffres (Livre blanc de la douleur, SFETD 2017) :
– Un Français sur trois se plaint de douleur quotidienne depuis plus de 3 mois.
– 20% d’entre eux, soit de l’ordre de 4 millions de personnes, déclarent souffrir de douleurs chroniques modérées à sévères.
– Un patient opéré sur cinq garde des séquelles douloureuses après une intervention chirurgicale.
– 45% des douloureux chroniques sont concernés par des arrêts de travail de 4 mois cumulés/an.
– Il y a 5 fois plus d’arrêt de travail dans la population douloureuse chronique.
– Moins de 3% des patients douloureux chroniques sont pris en charge dans une structure spécialisée.

La chronicisation de la douleur nécessite donc l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire au sein de structures dédiées où le rôle de chacun est indispensable.
La consultation d’évaluation et de traitement de la douleur chronique a pour but d’identifier les différents aspects et les mécanismes d’entretien de la douleur du patient.
A l’issue de cette évaluation, différentes options thérapeutiques pourront être proposées.

Chez un certain nombre de patients douloureux chroniques, en complément d’autres modalités thérapeutiques, l’hypnose et l’apprentissage de l’autohypnose sont des outils privilégiés et créatifs favorisant leur chemin vers l’autonomie.

La définition de la douleur proposée par l’IASP (International Association for the Study of Pain) comme “une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à un dommage tissulaire réel ou potentiel, ou simplement décrite en termes d’un tel dommage” met en évidence sa dimension multifactorielle.

La neurophysiologie de la douleur et celle de l’état hypnotique nous ont permis de mieux comprendre ce phénomène complexe qu’est l’hypnoanalgésie. En effet, l’activité de certaines zones cérébrales impliquées dans la perception douloureuse peut être modulée par le travail hypnotique, en particulier les composantes sensorielle, émotionnelle et cognitive.

Nous savons que l’état douloureux chronique est un état hypnotique négatif.
L’équipe de la Structure Douleur du Centre Hospitalier de Gonesse (95), composée d’un médecin, une infirmière, une psychologue et une secrétaire, a mis en place des stages d’apprentissage d’autohypnose dans le but de rendre le patient autonome quant à la gestion et la place de sa douleur dans sa vie quotidienne.
Plus d’une centaine de patients a pu ainsi bénéficier de ce programme de 2017 à 2019.
A l’issue du stage, il est suggéré au patient de réaliser un mémo créatif sous forme de dessin, de peinture, de texte…en lien avec sa pratique d’auto-hypnoanalgésie.

L’atmosphère bienveillante et la dynamique positive du travail en groupe a permis à chaque participant d’activer ses ressources intérieures, de tisser des liens parfois au-delà du temps du stage et d’exprimer une créativité souvent insoupçonnée.

Photo IFH - Dr Christine Cazard Filiette

Présentation de l'intervenante

Christine Cazard Filiette est médecin algologue, acupunctrice, phytothérapeute, hypnopraticienne depuis plus de vingt ans. Elle a été responsable de la Structure d’évaluation et de traitement de la douleur chronique au centre hospitalier de Gonesse (95). Elle participe à l’enseignement de l’hypnoanalgésie à l’Institut Français d’Hypnose. Autrice de l’ouvrage Sommeil et douleurs, bien dormir pour guérir (Vigot, 2021) et co-autrice de l’ouvrage Vaincre la douleur par l’hypnose et l’autohypnose (Vigot, 2016).

Objectifs pédagogiques

Bibliographie

  • Cazard-Filiette C., Wood C. et Bioy A. (2016) : Vaincre la douleur par l’hypnose et l’auto-hypnose. Vigot, Paris.
  • Ignace I. (2015) : « Techniques d’induction. Les cinq doigts de la main : se réassocier pour mieux se dissocier ». Hypnose et thérapies brèves, hors-série n° 9, p. 111-124.
  • Violon Anita (2016) : « Echapper à la douleur : L’hypnose et le pouvoir de rêver ». Revue Douleurs, Vol 17- N°4, p. 200-204.

Quand ?